Store banne sur un balcon d'appartement : que dit le règlement de copropriété ?
Un store banne modifie la façade : sauf clause du règlement, il faut un vote de l'assemblée générale à la majorité de l'article 25. Ce qu'il faut lire, le dossier à monter, les prix posés dans les Hauts-de-Seine et les cas où mieux vaut une autre protection.
Premier été dans un appartement plein sud à Boulogne-Billancourt, et le balcon devient inutilisable dès onze heures. Le store banne est la réponse évidente, et techniquement il se pose presque partout. La vraie question est ailleurs : la copropriété vous laissera-t-elle le fixer sur la façade ?
La réponse tient en trois documents : le règlement de copropriété, les procès-verbaux des assemblées passées et, parfois, le plan local d'urbanisme. Voici comment les lire, quelle majorité viser et comment présenter la demande pour qu'elle passe du premier coup.
Faut-il l'accord de la copropriété pour poser un store banne sur un balcon ?
Oui, dans l'immense majorité des cas. Même si le balcon est privatif, la façade est une partie commune et son aspect appartient à tous. Un store banne la modifie et se fixe souvent dans le gros œuvre. Sauf clause du règlement qui l'autorise déjà, il faut un vote de l'assemblée générale avant la pose.
Le syndic ne peut pas donner cette autorisation seul, et un simple accord oral du conseil syndical ne vous protège pas. Seule une décision d'assemblée, inscrite au procès-verbal, vaut autorisation opposable aux autres copropriétaires.
Que faut-il chercher dans le règlement de copropriété ?
Trois passages décident de tout : la clause sur l'harmonie ou l'aspect extérieur de l'immeuble, la liste des parties communes, et les éventuelles décisions d'assemblée sur les stores. Ils disent si un vote est nécessaire et ce que le store devra respecter. Lisez-les avant de demander le moindre devis.
Le règlement se trouve dans votre acte d'achat, ou sur l'extranet du syndic. Les procès-verbaux des trois à cinq dernières années y sont aussi, et c'est souvent là que se cache la réponse.
- Le règlement autorise déjà les stores, avec un modèle, un coloris de toile et parfois une référence. Il suffit de s'y conformer et d'en informer le syndic par écrit avant la pose.
- Une assemblée a déjà voté un modèle type pour l'immeuble. La décision s'impose à tous : votre store doit reprendre le même coffre, la même toile et la même hauteur de fixation.
- Rien n'est prévu. C'est le cas le plus fréquent dans les immeubles haussmanniens et les résidences des années 1930 de l'ouest parisien. Il faut alors une autorisation individuelle de l'assemblée.
- Une clause interdit toute modification de façade. Elle n'empêche pas un vote, mais elle rend la demande plus délicate : il faudra montrer que le store respecte l'harmonie de l'immeuble.
Quelle majorité faut-il obtenir en assemblée générale ?
L'autorisation donnée à un copropriétaire de faire des travaux qui touchent les parties communes ou l'aspect extérieur relève de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Il faut la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents ou non. À défaut, un second vote immédiat à la majorité simple est possible.
Ce second vote, dit « passerelle », joue dès que la demande a recueilli au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires (article 25-1). Dans un immeuble où la moitié des tantièmes ne vient jamais en assemblée, c'est souvent lui qui sauve la demande.
| Situation dans l'immeuble | Ce qu'il faut faire | Vote nécessaire |
|---|---|---|
| Stores prévus par le règlement, modèle défini | Respecter le modèle, prévenir le syndic par écrit | Aucun |
| Modèle type déjà voté en assemblée | Reprendre le modèle, joindre le devis au syndic | Aucun |
| Rien de prévu, demande individuelle | Inscription à l'ordre du jour de la prochaine assemblée | Article 25, puis passerelle de l'article 25-1 |
| Vous proposez un modèle pour tout l'immeuble | Résolution de modèle type, puis pose libre | Article 25 en général |
| Store déjà posé sans autorisation | Demande de ratification a posteriori | Article 25, sans garantie de succès |
Un exemple chiffré aide à s'y retrouver. Dans un immeuble de 1 000 tantièmes, l'article 25 exige 501 voix favorables, présentes ou non. Si la demande n'en recueille que 400, elle dépasse le tiers (334) : un second vote a lieu aussitôt, à la majorité des seuls présents et représentés.
Profitez de votre demande pour proposer un modèle type à l'échelle de l'immeuble. Les voisins qui y pensent aussi votent plus volontiers une règle commune qu'une exception accordée à un seul appartement.
Comment préparer la demande pour qu'elle passe au premier vote ?
Envoyez au syndic, en recommandé avec accusé de réception, une demande d'inscription à l'ordre du jour, accompagnée d'un descriptif précis et d'un visuel. Faites-le au moins deux mois avant l'assemblée annuelle : une demande arrivée après l'envoi des convocations est reportée d'un an.
Un dossier vague est presque toujours ajourné. Un dossier complet, qui répond d'avance aux questions des voisins, passe en quelques minutes.
Le dossier qui passe : ce qu'il faut joindre à la demande
- Les dimensions exactes : largeur, avancée, hauteur de fixation.
- Le type de coffre (monobloc, semi-coffre, coffre intégral) et son coloris.
- La référence et un échantillon ou une photo de la toile.
- Le mode de fixation : en façade, au plafond du balcon, et le nombre de points d'ancrage.
- Une photo de la façade avec le store dessiné dessus, même grossièrement.
- Le devis de l'installateur, qui montre que la fixation a été étudiée.
- L'engagement de prendre à votre charge la pose, l'entretien et la remise en état en cas de dépose.
Pensez au calendrier. Dans l'ouest parisien, la plupart des assemblées se tiennent entre avril et juin, et un store sur mesure demande trois à cinq semaines de fabrication. Une demande déposée en février permet de profiter de l'été ; déposée en mai, elle attend souvent l'année suivante.
Rédigez vous-même le projet de résolution, en une phrase qui reprend ces éléments. Le syndic le recopiera tel quel, et les copropriétaires voteront sur un texte clair plutôt que sur une idée.
Combien coûte un store banne posé sur un balcon dans les Hauts-de-Seine ?
Comptez 1 500 à 2 200 € pour un store monobloc manuel de 3 mètres, et 2 800 à 4 500 € pour un coffre intégral motorisé de 4 mètres, pose comprise. Ces prix ont été relevés en septembre 2026 auprès d'installateurs de Boulogne-Billancourt, d'Issy-les-Moulineaux et de Saint-Cloud.
Sur un balcon d'appartement, deux postes font souvent grimper la facture : la fixation au plafond du balcon quand la façade ne s'y prête pas, et l'accès en étage, qui impose parfois une nacelle.
| Configuration | Prix posé (septembre 2026, 92) |
|---|---|
| Store monobloc 3 m, manœuvre manuelle | 1 500 à 2 200 € |
| Store semi-coffre 3,5 m, manuel | 1 900 à 2 900 € |
| Store coffre intégral 4 m, motorisé radio | 2 800 à 4 500 € |
| Capteur vent, en option | 150 à 300 € |
| Fixation au plafond du balcon ou pattes spéciales | 100 à 250 € |
| Nacelle ou échafaudage léger en étage élevé | 200 à 500 € |
Côté fiscalité, la pose d'un store dans un logement de plus de deux ans relève en général de la TVA à 10 %. Les stores ne sont pas éligibles à MaPrimeRénov'. Le détail figure sur notre page aides et primes, qui renvoie aux textes officiels (article 279-0 bis du code général des impôts, sur Légifrance).
Faut-il aussi une déclaration préalable en mairie ?
Souvent, oui. Le code de l'urbanisme soumet à déclaration préalable les travaux qui modifient l'aspect extérieur d'un bâtiment (article R.421-17). Beaucoup de communes des Hauts-de-Seine l'appliquent aux stores bannes, et c'est systématique aux abords d'un monument historique. Le formulaire est gratuit et se dépose en ligne.
Dans ce dernier cas, l'architecte des Bâtiments de France donne son avis, et il porte surtout sur le coloris de la toile. Le délai d'instruction est d'un mois, porté à deux en secteur protégé. Posez la question au service urbanisme de votre mairie avant de commander.
L'accord de la copropriété et celui de la mairie sont indépendants : l'un ne remplace jamais l'autre. L'ordre le plus sûr est de voter en assemblée, puis de déposer la déclaration avec le procès-verbal en pièce jointe.
Que risque-t-on à poser un store sans autorisation ?
Le syndicat des copropriétaires peut exiger la dépose du store et la remise en état de la façade, à vos frais, pendant cinq ans à compter de la pose. Un voisin peut aussi agir seul s'il subit un trouble. La mairie, de son côté, peut dresser un procès-verbal d'infraction.
Une ratification a posteriori reste possible, mais elle se vote à la même majorité et l'assemblée la refuse plus facilement : elle n'aime pas qu'on la mette devant le fait accompli. Le store coûte cher, la dépose aussi, et la toile ne se revend pas.
Dans quels cas le store banne n'est pas la bonne solution ?
Le store banne n'est pas adapté à tous les balcons. Sur une avancée de moins d'un mètre, une loggia fermée sur trois côtés ou une façade très exposée au vent, d'autres protections solaires font mieux, pour moins cher et avec moins de formalités.
- Balcon étroit ou loggia : un store vertical à projection, dit store à l'italienne, ombrage la baie sans dépasser de la façade. Il se fixe dans l'embrasure et passe plus facilement en assemblée.
- Étage élevé et exposé : au-dessus du sixième étage, en bordure de Seine ou face au parc de Saint-Cloud, les rafales abîment vite une toile déployée. Un brise-soleil orientable ou un store vertical tient mieux.
- Refus répété de la copropriété : un store intérieur, un film solaire sur le vitrage ou un volet roulant motorisé ne touchent pas la façade de la même façon.
- Vous êtes locataire : il vous faut d'abord l'accord écrit du propriétaire, qui portera lui-même la demande en assemblée. Un store intérieur est souvent plus simple.
Pour comparer les modèles de coffres, les toiles et leur durée de vie, notre guide des stores bannes détaille chaque option et ses prix posés. Quand l'accord de la copropriété est acquis, ou pour préparer un devis à joindre à votre demande, vous pouvez demander des devis d'installateurs de votre secteur : c'est gratuit et sans engagement.
Questions fréquentes
Un locataire peut-il poser un store banne sur son balcon ?
Pas sans l'accord écrit de son propriétaire, qui doit lui-même obtenir celui de la copropriété. Le locataire ne vote pas en assemblée : c'est le propriétaire qui porte la demande. En attendant, un store intérieur ou un film solaire ne demandent aucune autorisation.
Le syndic peut-il autoriser seul la pose d'un store ?
Non. Le syndic exécute les décisions de l'assemblée, il ne peut pas autoriser des travaux qui touchent la façade. Son accord écrit, ou celui du conseil syndical, ne remplace pas un vote inscrit au procès-verbal.
Peut-on choisir librement la couleur de la toile ?
Seulement si ni le règlement, ni une décision d'assemblée, ni le plan local d'urbanisme n'imposent de coloris. Dans les faits, les immeubles de l'ouest parisien retiennent presque toujours une teinte unie et sobre, identique pour tous les balcons.
Qui paie l'entretien et la dépose du store ?
Le copropriétaire qui l'a fait poser, en général : l'autorisation est donnée à ses frais et risques. S'il faut déposer le store pour un ravalement, la dépose et la repose sont à sa charge, ce que la résolution précise utilement.
Un projet de store, de volets ou de fenêtres à chiffrer ?
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Demander un devis gratuitRédigé par
Thomas Lemaire
Ancien poseur de fermetures et de protections solaires dans l'ouest parisien, il a passé quinze ans sur des chantiers de stores, de volets et de fenêtres entre Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux et Saint-Cloud. Il lit aujourd'hui les devis ligne par ligne pour les lecteurs qui les lui envoient.
